La famille torchepot
J'aime bien la sittelle torchepot.
Commune mais originale, élégante mais sobre, bruyante mais furtive... Toujours en mouvement mais à contresens, de tout en haut en bas et de tout en bas en haut, maçonnant en bonne ménagère prudente l'orifice de son nid, trou d'arbre ou nichoir, laissant en indice de sa présence des noisettes perforées coincées dans les creux d'écorce... Elle vit au milieu des autres mais ne fait rien comme tout le monde.
Elle méritait bien elle aussi son petit nichoir... torché.
L'hiver des sarcelles
L'hiver, c'est la saison où les canards se rassemblent (même quand il ne fait pas un froid de -) et où leurs couples se forment. Le plus petit d'entre eux, la sarcelle d'hiver, est aussi le plus vif et (de mon point de vue) l'un des plus jolis.
Une bonne occasion de s'amuser, en cherchant de nouvelles attitudes, de nouvelles compositions, de nouveaux effets avec de nouveaux matériaux...
Toilette et repos sur une plaque de glace
Vol de poursuite entre plusieurs sarcelles mâles
Sarcelle d'hiver mâle paradant devant une femelle... peut-être déjà en couple.
Ha oui, l'échelle...
Le petit oiseau va sortir...
L'avantage de la résine, c'est qu'elle permet de faire de petites pièces, à la fois fines (enfin, assez) et solides (enfin, assez).
Après des mois d'hésitations j'ai donc réalisés de petits passereaux en vol, à l'échelle (approximative) 1/10ème, soit celle des santons de 17-20cm. Ils ne volent pas encore, mais dans un décor naturel, le résultat est réaliste (enfin, assez), surtout en les faisant partir d'un nichoir (faux, évidemment).
Après le loup, les loulous !
Le loulou de Poméranie, ou spitz nain, est une adorable peluche, probablement un des plus jolis parmi les petits chiens. Pour le caractère... c'est autre chose. Heureusement les miens sont très sages.
Allemagne - Belgique : 1 berger partout !
Le berger allemand a longtemps été le chien préféré des français, et est donc entré assez tôt dans mon catalogue pour santons de 9cm, avec un succès... d'estime. Depuis, il a quitté le podium et s'est enfoncé peu à peu dans le classement, dépassé par d'autres races et notamment le berger belge, surtout sous sa forme malinoise.
Un peu paresseusement, j'avais essayé de suivre la mode et de me mettre à la page en peignant quelques bergers allemands aux couleurs malinoises 😲 Ils trouvèrent acquéreur (et deviendront peut-être collectors)... mais soucieux de mon honneur et de ma réputation, j"ai préféré ne pas prolonger l'expérience.
Car s'ils se ressemblent, leur silhouette n'est tout de même pas la même. Le malinois a le poil plus ras et des lignes plus déliée, et surtout un dos horizontal et un arrière-train haut, contrairement au dos plongeant du berger allemand.
La situation devenait intenable. J'ai donc créé une figurine de malinois avant de recevoir une réclamation indignée d'une ambassade étrangère et de susciter un incident diplomatique.
Loup y est !
Il y a déjà un certain temps, et quelquefois depuis, on m'avait suggéré de faire un loup.
Bof. L'idée ne m'avait pas séduit.
Non que l'espèce soit déplacée dans une crèche (je fais des renards et des blaireaux depuis longtemps, sans parler des ragondins, des lézards et du reste), ni qu'elle ne fasse pas partie de ma faune de coeur (elle est revenue en France depuis plus de 30 ans), mais... comment la représenter?
... Genre Grand Méchant, déjeunant d'un Chaperon Rouge?
... Genre calamité agricole, emportant un agneau dans le cadre d'un projet gastronomique?
.... Genre romantique, hurlant à la lune?
... Genre réhabilitation pour cour d'école, P'tit loup ou... en slip?
Non.
Le loup est symbolique, esthétique, polémique, mythique, emblématique, magnétique...
Chacun le connaît même s'il ne l'a jamais, vu, en a son opinion, sa vision. Héros de légendes autant que d'histoires, de tant de mythes collectifs autant que de contes familiaux, il ne peut être ni figé, ni ridicule, ni simplement banal.
Pendant des années, j'y ai donc pensé sans y réfléchir, gardant le projet en réserve dans un coin reculé de ma tête, dans l'espoir d'une possible inspiration.
Finalement je me suis rappelé mes rencontres avec l'animal, en Espagne et en Roumanie, sa furtivité fantomatique, son allure perpétuellement résolue et éveillée. J'ai alors vu la seule solution possible : un loup qui s'avance... à pas de loup.
Et le résultat m'a tellement plu que je me suis offert un petit safari au fond des bois... puisque le loup y est !
Elles sont parties !
En 2018, un couple d’hirondelles de cheminée (pardon, "rustiques", même si ni ma maison ni mon quartier ne le sont), est venu construire un nid dans mon garage, une grosse demi-coupe de torchis appuyée sur la tringle d’un rideau coupant le sous-sol en deux. Curieusement, le couple est presque toujours venu s’établir en juillet, préférant probablement pour sa première nichée une autre maison du bout de la rue, devant laquelle le mâle restait en faction des heures durant. Couvées d’été, couvées tardives, envolées fin août-début septembre, sous les encouragements conjoints des parents et des aînés de la première nichée.
Ce printemps j’étais en train de jardiner devant le garage ouvert quant un « Kiwit » soudain me fit lever les yeux, vers des ailes noires virevoltant dans la pénombre du sous-sol. Premier comme c’est l’usage, le mâle venait d’arriver. Il ressortit bientôt, pour aller se poser sur un fil en face de la maison, et commencer à chanter.
Cette boule de plumes d’une vingtaine de grammes venait de traverser la moitié de l’Afrique, le Sahara, l’Espagne et la moitié de la France en quelques jours. J’ignore si son arrivée lui a occasionné un quelconque bonheur, le plaisir de retrouver son nid ou le soulagement d’être enfin arrivée à bon port, mais sa joie a certainement été bien inférieure à celle des autres occupants de la maison lorsqu'il l'ont vu revenir.
Je le lui ai d’ailleurs dit.
Après que les jeunes aient appris à voler, ils reviennent un certain temps chaque soir au nid, pour y passer la nuit. Depuis une semaine, aucun n'est plus revenu... je leur souhaite bon voyage.
Et pour que le temps ne soit pas trop long d'ici leur retour, j'ai ajouté quelques modèles à ma collection...
Tout petits passereaux...
"Vous faites des moineaux pour les santons de 7 cm?"
Cher monsieur, comment vous dire.
Un santon de 7 cm est à peu près à l'échelle 1/25ème.
En tirant dessus, un moineau avoisine 15 cm de longueur - soit, à l'échelle 1/25ème, environ 6 mm. A peu près la dimension d'une crotte de souris. Mais la couleur du moineau est un peu plus claire, ce qui permettrait de les différencier d'assez près.
"Et pour les santons de 9 cm?"
Un santon de 9 cm correspond à une échelle d'environ 1/20ème, ce qui donnerait un moineau de 7,5 mm.
Ça ne fait toujours pas bien gros.
Mais si vous n'est pas trop regardant, on peut essayer de faire un effort... avec des oiseaux au plumage plus caractéristique que celui du moineau, par prudence.
Comment faire de l'esprit...
Faire un oiseau en vol, c'est facile... enfin, c'est envisageable.... tant qu'on ne lui demande pas de voler vraiment. Mais il y a vol et vol.
Mettons de côté la phase de décollage (voir notre article sur les canards à l'envol) : tous les oiseaux ne volent pas de la même façon. En particulier, certains sont capables de voler sur place, plus ou moins fréquemment et plus ou moins longtemps. Dans nos régions, ce sont surtout des piscivores (sternes, martin-pêcheur) ou des rapaces : balbuzard pêcheur, circaète Jean-le-blanc, buse variable - et surtout, bien entendu, le faucon crécerelle. Cela s'appelle "faire le Saint-Esprit".
Je ne l'avais jamais fait (pas par mauvais esprit, je le jure).
Voilà qui est fait.
Faisons des faisans !
Le faisan est un oiseau un peu emm... délicat à faire, tant à cause de la complexité des motifs colorés de son plumage, qu'avec sa longue queue, forcément un peu fragile.
J'en ai fait quelques-uns jadis, en esquivant le problème de fragilité en prolongeant la queue jusqu'au sol (modèle à 1/10ème à gauche) ou en employant encore une fois de la résine à modeler (modèle à 1/25ème à droite).
Le petit comme le grand ont eu leur petit succès, mais je n'étais pas satisfait du petit (je ne sais pas si vous me suivez). Trop figé, académique, schématique... bref.
Tant qu'à utiliser de la résine, autant pousser la démarche jusqu'au bout de sa logique, pas vrai ? J'ai donc imaginé un mâle en train de chanter, queue redressée et ailes ouvertes (à droite sur la photo), un autre à l'envol, en appui sur la pointe de la queue (à gauche), et plusieurs dans diverses attitudes de marche (au milieu).
Affaire réglée.
Ca me fait penser que voilà un bon moment que je n'ai pas fait de chien...
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